Résumé
« L’Iliade », ce sont les derniers jours de la guerre de Troie qui dure depuis 10 ans sur le rivage de la Méditerranée. Une grande oeuvre qui relate les combats de héros et de rois face à l’attente épuisée des peuples face à l’espoir d’une résolution. A l’adaptation, Alessandro Baricco en resserre le récit et développe une narration qui offre une multitude de points de vue.
Pour saisir le présent, Luca Giacomoni aime s’emparer d’histoires et de mythes. Dans « Iliade », créé à Paris en 2017, il traite de l’abus de pouvoir, du conflit, du respect, de l’humain, par une proposition brute et épurée. Il mène ce projet en collaboration avec le Centre Pénitentiaire de Meaux et mélange au plateau acteurs professionnels et anciens détenus. Douze artistes au total dont une chanteuse iranienne donnant couleur et rythme au récit. Ensemble, ils portent les voix d’Agamemnon, Ulysse, Hector, Achille ou Hélène comme autant de prétextes pour s’interroger sur le désir de vengeance mais aussi sur la fidélité à un idéal ou le sens de l’amitié.
Depuis quelques années, j’entends autour de moi cette expression : « nous sommes en guerre ». Quel en est le sens ? Et surtout, le théâtre peut-il nous aider à comprendre les racines et la dynamique d’un conflit ? La lecture d’Homère m’a aidé à comprendre toute l’ambivalence contenue dans le mot « guerre », un mouvement de bascule entre l’absurdité du geste et sa nécessité. L’occasion de porter sur scène « Iliade » s’est présentée au centre pénitentiaire de Meaux, lorsque j’ai rencontré ces hommes qui – par leurs visages et leurs corps – incarnaient à mes yeux les héros et les rois du mythe grec.
Luca Giacomoni